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EDEN, le premier préservatif remboursé par la sécurité sociale

30 novembre 2018

preservatif

Un préservatif fera l’objet d’une prise en charge à 60% par l’Assurance maladie dès le 10 décembre 2018, a annoncé la ministre de la Santé le 27 novembre. Ce remboursement ne concernera qu’une seule marque, EDEN.

« On pourra aller voir son médecin et avoir des préservatifs remboursés sur prescription médicale ».  L’annonce a été faite mardi 27 novembre par Agnès Buzyn, la ministre de la Santé, au micro de France Inter. Cette prise en charge concernera aussi bien les hommes que les femmes.

Objectif : renforcer la lutte contre les infections sexuellement transmissibles (IST), alors que plusieurs d’entre elles sont en progression ou en recrudescence. C’est le cas des infections à chlamydia, de la syphilis, de la gonococcie. Quant au VIH-sida, de nombreuses idées reçues continuent à circuler sur son mode de transmission, et un séropositif sur quatre ignorerait qu’il est atteint de la maladie, selon un rapport de l’Onusida publié le 22 novembre.  L’annonce de la ministre est d’ailleurs intervenue à quelques jours de la journée mondiale de lutte contre le sida, qui se tient chaque année le 1er décembre. Elle fait suite à un avis favorable rendu par la Haute Autorité de santé en juin dernier.

La boîte de 6, 12 ou 24 préservatifs masculins pourra être prescrite par un médecin ou une sage-femme et sera délivrée en pharmacie, sur présentation de l’ordonnance. Ce remboursement ne concernera que les préservatifs Eden développés par le laboratoire français Majorelle spécialisé en urologie et gynécologie. Ce dernier se présente, dans un communiqué de presse mis en ligne le 27 novembre, comme un « laboratoire citoyen » voulant « rendre accessible au plus grand nombre les molécules essentielles » et « réduire les inégalités d’accès aux produits de santé ». Le préservatif Eden sera remboursé à hauteur de 60% sur la base d’un prix de vente de 1.30 euro TTC la boîte de 6, de 2.60 euros TTC la boîte de 12, de 5.20 euros TTC la boîte de 24 .

Rappelons que le préservatif est le seul moyen de contraception qui protège aussi contre les IST. La pilule n’empêche en effet pas la transmission du sida ni de toute autre IST

 

Médecins spécialistes, généralistes et sages-femmes peuvent désormais accroître leur marge de manœuvre en matière de prévention des infections sexuellement transmissibles en prescrivant un préservatif pris en charge par l’Assurance-maladie.

Baptisé EDEN, le premier préservatif remboursé par la Sécurité sociale vient d’être lancé par les laboratoires Majorelle. « Aujourd’hui, les professionnels de santé ne sont pas assez impliqués dans la prévention des infections sexuellement transmissibles (IST). Le médecin doit redevenir l’acteur principal de cette prévention en pouvant, désormais prescrire le préservatif. Nous souhaitons, par ce biais, remédicaliser un produit qui était davantage devenu un gadget sexuel », souligne Guillaume El Glaoui, président des laboratoires Majorelle. De fait, 70 % des préservatifs sont, aujourd’hui, achetés en supermarché et les industriels communiquent, le plus souvent, sur le plaisir associé à l’utilisation de ce produit.

Améliorer l’accessibilité du préservatif

Le préservatif EDEN, quant à lui, est exclusivement disponible en pharmacie. « Il s’agit d’un préservatif en latex d’une grande qualité – disponible en format classique ou XL – dont le prix est largement inférieur à ses concurrents : la boîte de 12 préservatifs de la marque EDEN coûte 2,60 euros [également disponible en boîte de 6 préservatifs à 1,30 euros et 24 préservatifs à 5,20 euros]. Lorsqu’il est prescrit, le préservatif EDEN est remboursé à 60 % par la Sécurité sociale, le reste pouvant être pris en charge par les mutuelles », note Guillaume El Glaoui.

D’après une enquête récente menée par l’institut ELABE, 75 % des jeunes affirment qu’ils utiliseraient davantage le préservatif s’il était remboursé. « Cela montre que le préservatif n’est pas assez accessible financièrement. Le fait de pouvoir l’acheter discrètement en supermarché n’améliore pas ce point. En revanche, nous pensons que le fait de pouvoir l’obtenir de façon systématique chez le médecin – et de permettre son remboursement – permettra d’améliorer largement son accessibilité et donc son utilisation », confie Guillaume El Glaoui.

Diminuer l’incidence des IST

Le constat est, aujourd’hui, alarmant : un jeune sur deux ayant une activité sexuelle ne se protège pas et l’incidence des IST a fortement augmenté depuis une vingtaine d’années. « Entre 1981 (début de l’épidémie sidéenne) et le milieu des années 90, les populations à risque éprouvaient une telle terreur vis-à-vis du sida qu’elles avaient changé leurs comportements en diminuant notamment le multi-partenariat et en utilisant davantage le préservatif. Puis, vers la fin des années 90, les statistiques ont montré une augmentation d’un certain nombre d’IST (gonocoques, Chlamydiae, syphilis). Le nombre d’IST déclarées a été multiplié par 3 entre 2012 et 2016. Ce qui est catastrophique », indique le Dr Jean-Marie Bohbot, infectiologue andrologue, directeur médical à l’Institut Fournier, à Paris.

Si l’amélioration du dépistage et du diagnostic des IST explique, en partie, l’augmentation du nombre d’IST recensés en France, cette recrudescence est également due à l’abandon du préservatif. « Les 15/25 ans sont le cœur de cible des IST dont certaines (telles que le papillomavirus ou les hépatites) peuvent engendrer de graves conséquences pour la santé. Face à ce fléau, il est urgent d’agir, notamment en améliorant l’accès et l’information sur le port du préservatif  », conclut le Dr Bohbot.

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